La hijama, ou saignée thérapeutique par ventouses, est une pratique ancienne qui suscite un regain d’intérêt. De nombreuses femmes rapportent des améliorations subjectives après une séance : réduction des tensions musculaires, meilleure qualité du sommeil, sentiment de bien-être. Toutefois, la littérature scientifique reste limitée et hétérogène. Cet article synthétise les principaux bénéfices revendiqués, la qualité des preuves disponibles, les contre‑indications spécifiques aux femmes, et les précautions d’hygiène et de sécurité à vérifier avant et après une séance.
Bénéfices rapportés et niveau de preuve
Les effets les plus souvent mentionnés dans les séries de cas et quelques essais cliniques concernent :
- Soulagement des douleurs musculaires et articulaires, en particulier douleurs dorsales et cervicales.
- Amélioration subjective du sommeil et diminution du stress perçu.
- Sensation de meilleure circulation et récupération musculaire chez certains sportifs amateurs.
Malgré ces témoignages, la qualité méthodologique des études est variable : petits effectifs, absence fréquente d’aveuglement, protocoles différents (zones traitées, fréquence, profondeur des ponctions), et comparateurs hétérogènes. Par conséquent, les conclusions restent prudentes : des bénéfices peuvent exister pour certaines indications, mais ils ne sont pas universellement prouvés par des essais de forte puissance.
| Effet revendiqué | Niveau de preuve | Commentaire |
|---|---|---|
| Soulagement des douleurs musculosquelettiques | Faible à modéré | Études et séries de cas positives, mais hétérogènes et souvent non contrôlées |
| Amélioration du sommeil et du bien‑être | Faible | Majoritairement rapports anecdotiques ; peu d’essais contrôlés |
| Récupération sportive | Anecdotique | Quelques essais exploratoires mais sans consensus |
Contre‑indications et précautions spécifiques aux femmes
Certaines situations exigent prudence voire contre‑indication. Avant toute séance, il est recommandé de consulter un professionnel de santé si vous avez des doutes ou des pathologies associées :
- Grossesse : en général, la hijama est contre‑indiquée en cas de grossesse avancée ; certaines pratiques déconseillent toute manipulation dans les premiers mois. Demandez l’avis d’un médecin.
- Postpartum immédiat : éviter les saignements thérapeutiques dans le post‑partum précoce sans avis médical.
- Anémie ou hémoglobinopathies : en cas d’anémie modérée à sévère, la saignée peut aggraver la situation.
- Troubles de la coagulation ou prise d’anticoagulants/antiagrégants : risque hémorragique augmenté.
- Infections cutanées locales, lésions, dermatites ou cicatrisations récentes au niveau des zones à traiter.
- Maladies chroniques décompensées (insuffisance cardiaque, insuffisance rénale avancée) : discussion préalable avec un médecin recommandée.
Signaler toujours
Avant la séance, mentionnez au praticien : grossesse en cours ou possible, allaitement, antécédents de saignements anormaux, prise de médicaments anticoagulants, symptômes infectieux récents, transfusions, maladies auto‑immunes ou traitements immunosuppresseurs.
Hygiène, matériel et déroulé d’une séance sécurisée
La sécurité dépend fortement des pratiques d’hygiène et de la formation du praticien. Voici les points essentiels à vérifier :
- Matériel stérile : aiguilles, lames ou dispositifs de ponction à usage unique ou stérilisés par autoclave. Les ventouses elles‑mêmes doivent être propres et désinfectées entre chaque patient.
- Protocole écrit et consentement : le praticien doit expliquer le protocole, les zones traitées, les effets attendus et les risques, et obtenir un consentement éclairé.
- Ambiance et hygiène du local : surfaces propres, lavage des mains, port de gants à usage unique et poubelles adaptées pour déchets contaminés.
- Documentation : enregistrement des zones traitées, volume approximatif de saignement et consignes post‑séance remis au patient.
| Critère | Question à poser |
|---|---|
| Formation | Quelle est votre formation en hijama et en hygiène ? Avez‑vous des références ? |
| Matériel | Utilisez‑vous du matériel stérile à usage unique ou autoclave ? |
| Protocole | Donnez‑vous un document d’information et obtenez‑vous un consentement écrit ? |
| Suivi | Fournissez‑vous des consignes écrites et un contact en cas de complication ? |
Soins post‑séance et signes d’alerte
Après une séance, des soins simples limiteront les complications :
- Nettoyage régulier et changement du pansement selon les instructions reçues.
- Éviter de baigner la zone traitée pendant 24 à 48 heures si le praticien l’indique.
- Ne pas exposer immédiatement la zone à des efforts intenses ou au soleil si des ecchymoses sont présentes.
- Surveiller l’apparition de fièvre, rougeur progressive, douleur intense, écoulement purulent ou saignement persistant — contacter immédiatement le praticien ou un professionnel de santé.
La hijama peut procurer un soulagement rapporté par certaines patientes, en particulier pour des douleurs musculosquelettiques et un bien‑être subjectif. Cependant, les preuves scientifiques sont encore limitées et nécessitent prudence. La sécurité dépend largement de l’identification des contre‑indications, d’une hygiène irréprochable, d’un praticien compétent et d’un suivi adapté. Avant de se faire traiter, il est conseillé de demander l’avis de son médecin en cas de doute et de poser les questions listées dans la checklist pour choisir un praticien responsable.
