03/11/2010
Plus de seins avec le lipofilling

Par Emmanuelle Bassman
Oui, on peut désormais passer d’un bonnet A à un C plus sexy, corriger une asymétrie entre les deux seins ou les reconstruire après une ablation, sans opération lourde ni corps étranger, simplement en injectant à la patiente sa propre graisse (ne vous évanouissez pas tout de suite, la suite vaut d'être lue !).
Cette technique, mise au point il y a seulement deux ans et demi, a déjà été expérimentée sur mille patientes à travers le monde. Son originalité réside en ce qu’elle utilise une graisse très concentrée en cellules souches. Explications.
Une cellulite blindée en cellules souches
Il faut savoir que dans l’organisme, ce sont les tissus graisseux qui contiennent la plus grande quantité de cellules souches. Le laboratoire pharmaceutique californien Cytori a développé une machine, le Celution™, qui permet d’isoler, d’extraire et de purifier ces cellules issues de la graisse, puis d’en doubler la concentration avant de réinjecter le gras ainsi enrichi. Les cellules souches vont alors produire des facteurs de croissance qui vasculariseront la zone, en tissant un véritable réseau de vaisseaux sanguins tout autour de la greffe pour une meilleure prise. Et le risque de rejet est nul, bien sûr, contrairement à ce qui se passe avec les implants utilisés habituellement.
Mincir et prendre des seins
Dans le cadre d’une étude de neuf mois, le Dr Nader Khonji, chirurgien anglais spécialisé dans la reconstruction mammaire à l’hôpital Singleton, a traité dix patientes avec le lipofilling grâce à un protocole simplifié au maximum. D’abord, tout se passe le même jour. On commence par une liposuccion réalisée sous anesthésie générale au cours de laquelle on extrait environ un demi-litre de graisse des cuisses, de l’abdomen ou des fesses. Pendant l’heure et demie qui suit, le Celution produit la super solution qui sera réinjectée. Quand la patiente est enfin réveillée, elle reçoit les injections de graisse dans les seins, sous anesthésie locale cette fois. On perd des bourrelets, on prend des seins et, au réveil, on est la même en mieux. Que demander de plus ?
Attention aux suites postopératoires
Jo est une femme toute fine de 53 ans qui a subi une ablation partielle du sein gauche. Le lipofilling l’a tout de suite séduite, car elle redoutait la lourdeur d’une reconstruction mammaire classique (anesthésie générale de deux à trois heures) au résultat pas forcément satisfaisant. Aujourd’hui, Jo est ravie : elle peut enfin porter des décolletés sans que personne ne soupçonne son ancien cancer du sein. Petit bémol : les suites de la liposuccion ont été un peu douloureuses, avec une sensibilité cutanée de près de deux mois au niveau des cuisses. De plus, il faut prévoir une éviction sociale d’environ deux semaine
Alors, solution miracle ou pas ?
Une jeune femme de 23 ans, que nous appellerons Katia, s’est fait opérer en Allemagne par le Pr Marian Ticlea, de la clinique T-Klinik am Rudolfplatz, un chirurgien plasticien nouvellement converti au lipofilling des seins. Katia déplore elle aussi les douleurs postopératoires au niveau des jambes, mais elle constate également qu’après quelques mois, toute la graisse réinjectée n’a pas tenu. Bilan de l’affaire : elle a quand même perdu un demi-bonnet depuis l’opération. Si elle reste globalement satisfaite, Katia estime qu’il ne faut pas espérer gagner plus d’un bonnet. En clair, le Wonderbra et l’augmentation mammaire « à l’ancienne » (bistouri et implants) ont encore de beaux jours devant eux.
En pratique
Autant le savoir, la technique n’a encore séduit aucun spécialiste en France où, comme toujours, on reste extrêmement prudent. Et si vous vouliez passer la frontière pour vous faire opérer en Allemagne ou en Grande-Bretagne, sachez tout de même qu’il vous en coûtera la bagatelle de 11 000 €. Et ce n’est qu’un prix moyen.
Pour en savoir plus : www.cellenrich.eu
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