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10:3008/03/2015NEWS

Un livre : Beauté parade, de Sylvain Pattieu (Plein Jour)

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Historien et romancier, l'auteur a suivi la grève menée par les petites mains de la beauté, celles qui travaillent sans relâche et souvent « sans papier » dans des boutiques de coiffure et de manucure low cost, au coeur Paris. Propos recueillis par notre journaliste Valérie Rodrigue.

 


VB : Comment avez vous eu vent des coulisses de ce salon de beauté low cost ?

 

Sylvain Pattieu : J'habite dans le Xème depuis longtemps, j'y suis un citoyen engagé. Quand la grève a éclaté, les employées du salon de beauté ont décidé d'occuper les lieux et avaient besoin de soutien. J'y suis donc allé, et j'ai découvert ce monde inconnu pour moi des soins aux cheveux et aux ongles. J'étais déjà passé dans le quartier bien sûr, la crèche de mon fils n'est pas loin, mais quand on est blanc et qu'on a les cheveux raides, on regarde ces boutiques sans y entrer comme un monde mystérieux et étrange. La grève a été l'occasion de rompre les barrières. 

 

VB : Pourquoi avez vous été sensible à cette cause, cette "guerre économique", celle de Madissou, Lin Mei et Yan Ping ?  

 

Sylvain Pattieu : J'ai été sensible au courage de ces femmes chinoises et africaines, qui sortent de l'ombre pour affirmer leurs droits alors qu'elles sont sans papiers et risquent gros. Elles m'ont raconté leur histoire, depuis dix ans en France sans pouvoir revoir leur famille, sans amertume mais avec beaucoup d'espoir. 

 

VB : Elles prennent leur métier à cœur, aiment la coiffure, la manucure. Ont-elles conscience de travailler avec de nombreux produits toxiques et dangereux pour les clientes comme pour elles-mêmes ?  

 

Sylvain Pattieu : Elles savent qu'elles manipulent des substances dangereuses mais n'ont pas le choix. Etant « sans papiers » elles ne pouvaient rien revendiquer, jusqu'à cette grève. Elles sont fières néanmoins de faire ce métier, car elles rendent les autres plus belles. La plupart des Chinoises sont, au départ, arrivées comme nounous dans d'autres familles chinoises, mais elles préfèrent le travail de manucure qui leur permet de sortir du domicile où elles étaient cantonnées. Aussi étonnant que cela puisse paraître, leur travail, malgré ses travers, est aussi pour elles une émancipation. 

 

VB : Comment ces boutiques-instituts qui ont pignon sur rue peuvent-elles travailler et faire travailler des gens avec des produits toxiques alors que la législation cosmétique française est très pointilleuse ?

 

Sylvain Pattieu : Il suffirait, d'ores et déjà, de régulariser les salariés pour que le système, qui repose sur l'exploitation de travailleurs fragilisés, soit mis en difficulté. Mais il est plus facile d'arrêter et d’expulser quelques « sans papiers » que de démanteler un système bien rodé et installé depuis longtemps dans le quartier. 

 

VB : Travailleuses clandestines, elles ont eu gain de cause auprès de la préfecture. Certaines ont même été régularisées à la suite de cette grève. Comment l'expliquez vous ?   

 

Sylvain Pattieu : Elles ont été régularisées parce qu'elles se sont battues, qu'elles ont reçu un soutien des syndicats, des associations et des habitants. Elles ont mis le doigt sur un système de non-droit hypocrite, en plein Paris. Ce faisant, en se battant contre la précarité, en étant dans une situation ultra dominée, elles montrent qu'il est toujours possible de relever la tête. Elles font avancer les droits de tous, Français et étrangers, car la précarité dans le monde du travail touche, hélas, tout le monde. 

 

VB : Avez-vous discuté avec les clientes ? Sont-elles conscientes du rôle qu’elles jouent dans un tel système ?

 

Sylvain Pattieu : Beaucoup de clientes viennent à Château d'Eau (ndlr. Quartier du 10ème arrondissement autour de la station de métro éponyme) parce que les tarifs sont très bas et qu'elles n’ont pas les moyens de s'offrir des soins dans un institut chic. Il y a aussi une vraie sociabilité dans ce quartier, dans ces boutiques.  La plupart des femmes viennent se faire coiffer, mais aussi discuter avec des amies originaires du même pays ou de la même région. En général, elles étaient plutôt solidaires de la grève. Mais c'est comme partout. On aime tous acheter des vêtements à bas prix même si l’on connaît les conditions effroyables des usines dans lesquels ces produits sont fabriqués. Dans mon travail d'écrivain, j'essaye de décrire et de donner la parole sans porter de jugement sur les gens.

Commentaires

Bonjour,
Le livre : Beauté parade, de Sylvain Pattieu, j'aimerai beaucoup le lire !
Merci pour les propos recueillis par votre journaliste Valérie Rodrigue qui ne fait un peu découvrir l'idée de l'auteur et donne un aperçus général du livre.
Mais, j'ignore s'il seras vendu en librairies ici en Algérie.
Bonne journée à toute !

Écrit par : Meriem-Sabine | 10/03/2015