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12:4016/02/2015MOOD

Belle à n’importe quel prix ?

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L’idée que l’on a de la beauté est liée aux images que l’on s’en fait. Dépenser de l’argent pour optimiser son physique ou son apparence, c’est exprimer un bon narcissisme, sauf si cela se transforme en dépendance. Propos recueillis par Valérie Rodrigue.


Virginie Megglé :
 “Il faut oser dépenser pour soi et en éprouver du plaisir”

Peut-on être et rester belle au naturel (avec seulement des soins dhygiène)? Le naturel, le retour aux sources, c’est un joli concept. On rêve toutes de ce mouvement authentique et relié à ce qui est vivant et simple. Mais nos modes de vie urbains, baignés de stress et de pollution, nous incitent à chercher des « remontants ». Le bien-être est un juste équilibre entre ce besoin d’artifices et le fait de s’émanciper des injonctions sociétales d’être jeune et belle.

penser pour soi, quest-ce que cela signifie? C’est accorder de l’importance à sa féminité. Mais, dans une société judéo-chrétienne, penser à soi est perçu comme un acte égoïste. Et en arrière-plan, il y a la valeur que l’on s’accorde. Acheter systématiquement du bon marché, du soldé, c’est avoir une image de soi au rabais, c’est se dévaloriser devant sa mère, devant les hommes. Inversement, si on paie un prix fou, c’est que l’on n’a pas conscience de sa propre valeur et que l’on s’en remet à l’autre (la marque, le créateur…).

Plus on a une vie satisfaisante, moins on dépense pour son apparence. Pourquoi? La dépense compulsive, systématique, est un symptôme. On peut être dans une quête de perfection au niveau de l’apparence pour compenser le peu de satisfactions que l’on éprouve dans sa vie sociale ou privée. Dans ce cas, la réponse à la question de départ (« Qu’est-ce qui ne me convient pas, dans le travail ou en amour ? ») est mauvaise (« Je compense en achetant des choses, je veux contrôler mon image »). On est dans un usage affectif de l’argent, qui correspond à l’angoisse de ne pas être aimée.

Que dire à une patiente qui veut séduire à tout prix? Derrière cette quête il y a toujours un sentiment d’abandon. C’est l’enfant qui a tout fait pour faire plaisir à une mère éternellement insatisfaite. Dans le « plaire à tout prix », il n’y a ni objet ni dessein. Or, pour avoir une bonne image de soi, on a besoin de créer, de donner et de supporter de ne pas plaire. Il faut sortir de cette position infantile qui crée une dépendance.

Quel est le poids de la société et de ses injonctions dans notre budget beauté? La société, c’est surtout l’image que l’on en a intégrée. Libre à nous d’y faire notre marché et de garder une échelle des priorités. Il faut voir dans la dépense un acte de bienveillance envers soi-même : la douceur, la sensualité d’une crème, le bienfait que l’on en retire. La psychologie prend le corps en compte. Il faut oser dépenser pour soi et en éprouver du plaisir.

 

2. Auteur de Couper le cordon. Guérir de nos dépendances affectives (éd. Eyrolles), elle anime le site www.psychanalyse-en-mouvement.net.

 

(Illustration : Silke Werzinger, collagene.com)

Commentaires

Bonjour,
Merci à Valérie Rodrigue pour ce Mood en 2 parties, il est vraiment intéressant à lire. Je suis du même avis que Virginie Megglé et Dr Henry Delmar
.
Merci à VB Magazine !

Bonne journée à toutes !

Écrit par : Meriem-Sabine | 17/02/2015