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12:4116/02/2015MOOD

Belle à n’importe quel prix ?

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L’idée que l’on a de la beauté est liée aux images que l’on s’en fait. Dépenser de l’argent pour optimiser son physique ou son apparence, c’est exprimer un bon narcissisme, sauf si cela se transforme en dépendance. Propos recueillis par Valérie Rodrigue.

 


L’argent, le pouvoir d’achat sont des symboles de liberté. C’est aussi un moyen de se faire plaisir. Sur un plan philosophique, le beau est toujours associé au bien, Platon évoque même une voie de passage vers l’élévation morale. Dépenser pour sa beauté, ce n’est pas un acte superficiel mais un moyen d’éprouver du bien-être et de renforcer l’estime de soi. À condition que l’on ait renoncé à un certain idéal de soi. Il y a donc de la sagesse dans la quête de beauté. Et, derrière une demande esthétique, il y a toujours une histoire personnelle qu’il faut comprendre pour donner une réponse juste, rappelle le chirurgien plasticien Henry Delmar (1). La quête sociale de réparation esthétique est d’autant plus forte dans un monde comme le nôtre où la compétition est omniprésente. Difficile d’y échapper. Selon la psychanalyste Virginie Megglé, malgré les pressions et les injonctions de la société, il revient à chacune de décider de les subir ou de s’en affranchir. Rompre avec cette dépendance est même nécessaire. La beauté n’est que l’expression de la féminité, et c’est à ce titre qu’il est bon de s’en occuper, d’y consacrer du temps et de l’argent. C’est s’accorder de la valeur et un signe de bonne santé morale que de ne pas jouer à la mère sacrificielle qui pense à tout le monde sauf à elle.

 

Dr Henry Delmar
 : “Pour beaucoup de jeunes femmes la beauté représente un ascenseur social”

Peut-on être et rester belle au naturel (avec seulement des soins dhygiène)? Quand une patiente vient me voir et me dit : « Je veux être belle », elle a toujours en tête les canons actuels de jeunesse et de beauté. On vit dans un bombardement d’images. Être et rester belle sans rien faire est difficile dans ce contexte. Heureusement, certaines s’aiment comme elles sont, mais les femmes qui me consultent veulent une réparation esthétique. Elles posent une problématique objective tout en ayant une perception subjective du problème (elles n’aiment pas leur nez car c’est celui de leur père, elles trouvent que leur bouche n’est pas à la mode…). L’idée que l’on a de la beauté est quelque chose de très complexe.

Dépenser pour soi, quest-ce que cela signifie? Cela revient à investir, en fonction de ses moyens. Dans notre société de consommation, dépenser dans de la cosmétique ou de la chirurgie esthétique, c’est comme s’offrir un sac de créateur et afficher ainsi son appartenance sociale. Mais nous sommes aussi dans une société individualiste, dominée par le « pourquoi pas moi ? ». Je vois beaucoup de jeunes femmes pour lesquelles la beauté représente un ascenseur social. Il y a du vrai là-dedans. La beauté a toujours été une élection et pas seulement pour le concours des « Miss ».

Plus on a une vie satisfaisante, moins on dépense pour son apparence. Pourquoi? On a soi-même une lecture de sa personnalité à travers ce que l’on donne à voir. Une femme qui a toujours fait attention à elle gardera une apparence fraîche et délicate. Et cela signifie qu’elle mène une vie agréable, qu’elle appartient à la classe aisée. Si le physique est une carte de visite, si l’apparence est la première relation à l’autre, il ne faut oublier ni le charme du vécu ni le charisme. Quand on est bien avec soi-même, on a nettement moins besoin d’artifices extérieurs.

Que dire à une patiente qui veut séduire à tout prix? Elle formulera sa demande ainsi :« Je n’aime pas mon visage, je veux vraiment être différente » et voudra changer pour de mauvaises raisons, des raisons extérieures : pour plaire à un homme, correspondre à une mode… La réponse esthétique n’est pas la plus adaptée, car cette patiente ne sera jamais contente du résultat. Tout cela relève d’un accompagnement psychologique pour identifier la vraie demande.

Quel est le poids de la société et de ses injonctions dans notre budget beauté? La pression dépend du milieu social. Plus on occupe un poste élevé, plus on subit de pressions relatives au physique. Même chose dans la sphère privée. Plus on vit au milieu de belles personnes, dans une certaine « concurrence », plus on veut rester jeune, mince et belle. Le budget dans ce domaine est conséquent. Mais le marché s’est démocratisé, aujourd’hui il y a la chirurgie low cost, même en France.

 

1. Coauteur de Philosophie de la chirurgie esthétique (éd. Odile Jacob).

 

Retrouvez, juste ici, le point de vue de Virginie Megglé.

 

(Illustration : Silke Werzinger, collagene.com)

Commentaires

Bonjour,
Pas mal les propos recueillis par Valérie Rodrigue, j'ai apprécier ce Mood intitulé "Belle à n’importe quel prix ?".
Merci à VB Magazine !

Bonne journée à toutes !

Écrit par : Meriem-Sabine | 17/02/2015

Merci à vous Meriem-Sabine et merci pour votre fidélité !

Très belle journée,

La rédac'

Écrit par : Votre Beauté | 17/02/2015

L'important il me semble c'est de se sentir bien dans sa peau. Si ce n'est pas le cas, on peut investir beaucoup d'argent en chirurgie esthétique, en soins de beauté ou autre, cela ne servira pas à grand chose. Mieux vaut donc commencer par se connaitre et s'accepter.

Écrit par : Gilles | 19/02/2015

La chirurgie esthétique a malheureusement commencé à être utilisé à tort et à travers de la part de quelques personnes voulant ressembler à leurs idoles à tout prix.

Écrit par : Elite Esthétique | 19/02/2015