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13:2005/12/2014MOOD

Ras le bol de l’huile de palme !


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« Palm acid », « sodium palmate », « sodium 
palm kernalat »…, mais c’est quoi ça ? Un acide 
gras saturé diabolique pour notre santé. 
À détecter d’urgence pour ne plus s’en gaver. Par Sylvia Vaisman.


Dans mon supermarché, je ne peux m’empêcher de scruter les étiquettes des produits alimentaires. Une manie qui, certes, prend du temps, mais qui se révèle très instructive. Car, derrière les emballages séduisants et les formules marketing alléchantes se cachent souvent de mauvaises surprises, signalées en caractères minuscules, évidemment. Voire évoquées de manière sibylline… Et, tant que la législation n’imposera pas une signalétique claire, précise et accessible à tous, les fabricants ne se priveront pas de surfer joyeusement sur ce vide juridique et de pratiquer le non-dit. C’est de bonne guerre, déclareront les virtuoses du commerce. Un scandale, rétorqueront les consommateurs, qui, furieux d’être pris pour des gogos, mettent en plus leur santé en danger.

 

Un pilier de la malbouffe

L’huile de palme est une graisse végétale bourrée d’acide palmitique, l’acide gras saturé le plus diabolique pour la santé. En augmentant le taux de mauvais cholestérol, elle bouche les artères, élève la tension artérielle et favorise les processus d’inflammation qui conduisent aux cancers du sein et du côlon, au diabète… J’en passe et des pires. À elle seule, l’huile de palme constitue un programme de destruction de l’organisme à petit feu. À côté, les graisses animales feraient presque figure de parangon de vertu et de petites merveilles de la diététique ! Les industriels de l’agroalimentaire savent pertinemment, ou alors c’est grave, que cet ingrédient est l’un des piliers de la malbouffe. Pourtant, ils en usent et en abusent. On les comprendrait presque : l’huile de palme ne rancit pas vite, donne un effet moelleux en bouche et, surtout, ne coûte pas cher ! Argument massue. Du coup, environ la moitié des produits transformés présents sur les étals en regorgent : céréales, viennoiseries industrielles, barres chocolatées, margarines, crèmes glacées, pâtes à tartiner, plats cuisinés, soupes de légumes prêtes à l’emploi, laits pour bébé… Notre magazine entier ne suffirait pas à tous les lister. Un comble à l’heure où les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme concernant la progression affolante de l’obésité et des maladies cardio-vasculaires.

 

Un étiquetage plus qu’évasif

Ingérer de petites doses d’huile de palme de temps à autre n’est pas un problème. Cela en devient un si l’on en absorbe beaucoup et régulièrement. D’où l’importance d’ausculter les étiquettes pour séparer le bon grain de l’ivraie. Et, surtout, pour déjouer la perfidie des fabricants, qui, disons-le carrément, sont nombreux à manquer de transparence en ce domaine. Jugez par vous-même en observant la composition des aliments vendus dans votre grande surface : vous trouvez souvent la mention « huile de palme » ? La réglementation n’exigeant pas de préciser la nature exacte des matières grasses utilisées, les indications restent vagues. Il est ainsi souvent écrit « huile végétale » ou « graisse végétale ». Et, non, il ne s’agit pas d’huile de tournesol, d’olive ou de colza. Encore moins d’huile d’argan ou de noisette. Dans la majorité des cas, cet énoncé volontairement trompeur dissimule bel et bien la présence d’huile de palme. Ou alors les mentions se veulent si précises qu’elles en deviennent difficiles à décoder : « palm acid », « sodium palmate », « sodium palm kernalat »… Celui qui arrivera à me persuader que ces termes scientifiques ne sont pas uniquement destinés à embrouiller le consommateur n’est pas encore né. 

 Et ce n'est pas tout...

 

( Illustration : Sophie Bouxom )