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11:3008/10/2012

Quel avenir pour la chimie verte?

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Grenelle de l’environnement, réflexion sur l’après-pétrole, pression de consommateurs… La transition vers une chimie issue exclusivement du végétal, c’est maintenant ? par Charlène Favry


Peu onéreuse, stable et facile à formuler : la pétrochimie est à la base de la plupart des produits de grande consommation, cosmétiques compris. Mais la donne a changé. « Il y a une demande du public et aussi un juste retour des choses, explique Alain Milius, directeur scientifique chez Seppic, un fabricant de matières premières. La cosmétique est née du végétal mais, dans l’immédiat après-guerre, la chimie des hydrocarbures l’a supplantée. Le pétrole bon marché abondait : on pouvait fabriquer à peu près tout avec, dont des produits d’hygiène et de soin efficaces et bien tolérés. Aujourd’hui, le pétrole se raréfie, les préoccupations changent. »

Objectif 15 %

Vu le contexte, les marques lorgnent donc désormais vers l’alternative « chimie du végétal » qui utilise des matières premières renouvelables, et non fossiles, tout en cherchant à améliorer son rendement énergétique. L’or vert peut-il définitivement supplanter l’or noir ? En attendant, les industriels ayant pris part aux débats lors du Grenelle de l’environnement se sont engagés à faire entrer dans leurs compositions un minimum de 15 % de matières premières renouvelables à l’horizon 2017. « Pour atteindre cet objectif, il faut valoriser la plante dans son intégralité en utilisant les sous-produits écartés du circuit alimentaire, souligne Alain Milius. En cosmétique, on peut utiliser des grains de blé, mais aussi la paille et le son, dont on extrait des sucres qui eux-mêmes serviront à fabriquer des tensioactifs. »

Question de compétitivité

L’enjeu ? Obtenir un ingrédient de qualité égale ou supérieure à son équivalent pétrochimique et, évidemment, rester compétitif côté prix pour que la « bascule » soit intéressante. « Si les produits issus de la chimie verte demeurent plus chers, leur développement sera limité. Pour le moment, les freins sont surtout technologiques : on n’a pas encore tous les outils, procédés et savoir-faire nécessaires. Mais la filière progresse très vite », conclut Alain Milius.

VB Y CROIT : deux pistes prometteuses

L’huile de ricin. Va-t-elle remplacer l'huile de palme? Cet ingrédient d'origine végétale, omniprésent dans les cosmétiques (pas que dans l'alimentaire!), est en effet très controversé du fait de la culture intensive de palmiers en Asie du Sud-Est, au détriment de la forêt primaire. Certains labos misent donc sur l’huile de ricin. Non alimentaire, elle a des propriétés équivalentes, voire meilleures, surtout dans les produits nourrissants pour le corps ou les cheveux.

Le bois. C'est le nouvel axe de recherche de Seppic, ou plus précisément ses dérivés hydrophiles. L’industriel planche sur de nouveaux tensioactifs extraits des sous-produits de la pâte à papier, une ressource renouvelable et disponible à foison, qui permet de limiter par ailleurs le « gâchis » dans l’industrie papetière.

 © photo Martin Rusch. Réalisation Aîna de Bure.