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13:3503/11/2010

Témoignage : les beauty faux pas

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En panique, Emma a préparé un séjour capital pour elle quelques heures seulement avant son départ.
Catastrophe ? Au premier regard, oui, certainement, mais le week-end a été une réussite. Question d’instinct.

Propos recueillis par Loly Clerc

Si je ne vous explique pas mon problème d’abord, vous ne pourrez pas me comprendre : je suis soigneuse et négligente à la fois ! Paradoxal non ? Or, vous, lectrices de Votre Beauté, le savez bien : la beauté, c’est de la minutie, de la précision. Moi, dans ce domaine, je commence toujours soigneusement, et puis il y a immanquablement l’incident qui fait tout rater.
Un jour, Martin, mon amoureux – tellement amoureux de moi qu’il veut m’épouser –, m’annonce que nous passerions huit jours en août dans sa famille. Il fallait faire leur connaissance et, pensait-il, « l’été c’est plus cool ».
Très amoureuse aussi, et donc partante, j’acquiesce, en serrant quand même les dents…

Le challenge
Maintenant, imaginez la situation : la graphiste bossant jour et nuit dans une agence branchée de création de sites Internet, elle-même un peu déjantée forcément, invitée dans une famille dont le père est chirurgien, la fille aînée enseignante, la seconde élevant deux enfants. Avec le petit dernier – mon Martin –designer, autant dire que nous faisons un peu « tache ».
Ah ! j’oubliais pour compléter le tableau, la mère qui a décidé de lever le pied, il y a dix ans, lorsque sa couvée est entrée dans l’âge adulte.
Martin parle peu de sa parentèle. D’après lui, son père est « cool et aime les jolies filles, fais gaffe… » et sa sœur aînée est « une quadra, psychorigide mais sympa, folle de fringues, hyper tendance ». Il a baptisé la seconde, qui a mon âge, « Baguette ». Pourquoi ? « Tu connais la baguette tradition ? On dit qu’elle respecte entièrement la fabrication traditionnelle, mais en usine ! Ma sœur est comme ça ! »
Ajoutez à cela le décor : un manoir dans le golf du Morbihan, face à la mer. Voilà, vous en savez autant que moi.

Le compte à rebours
Dans ma tête, un avertissement : « Pas de place pour la négligence ! » D’abord mon look. Mettre en valeur ma poitrine trop petite avec un nouveau Wonderbra® qui n’en est pas vraiment un (mais moins cher), deux shorts pour exhiber mes gambettes dont je suis très fière, deux pantalons de toile, une marinière et deux maillots de bain : un une-pièce sublime et un deux-pièces sexy.
Une fois ma valise faite virtuellement, je réfléchis à la cosmétique : deuxième semaine d’août, tous ces gens seraient bronzés, même en Bretagne, contrairement à moi qui ne baigne que dans la lumière bleutée de mon ordinateur ! Je dois être parfaitement épilée, hâlée et coiffée. Le tout fait maison car, à cause de mon planning, je n’ai même pas le temps de prendre rendez-vous dans un institut.
Comme dans les magazines que je dévore, je fais un petit compte à rebours. Épilation à J – 4, pour ne pas arriver avec la peau irritée ; autobronzant à J – 3, pour tester et faire les retouches ; coiffeur à J – 2 pour accentuer mon blond, enfin mon châtain clair.
Sauf qu’un travail monstre à l’agence vient bouleverser ma belle organisation, et me voilà à J – 1, huit heures du soir, épilée maladroitement et étalant frénétiquement mon autobronzant, tellement énervée que je sais pertinemment que j’aurai des marques.
Je venais de poser une légère décoloration sur mes cheveux quand le téléphone sonne. C’est Martin. Déjà là-bas depuis trois jours, il veut savoir si j’arrive bien le lendemain, et si je vais bien et si et si… Comme il est un peu tendu, nous discutons de choses et d’autres. Et, c’est toujours comme ça lorsque je suis avec lui, je ne vois pas le temps passer.
Lorsque je raccroche, mes cheveux sont devenus jaunes. J’ai beau rincer, rien à faire. Mon carré parfait est devenu filasse. Prise de panique, je lui administre quelques coups de ciseaux qui me donnent à présent l’air d’une évadée en cavale… Je me précipite chez Monoprix, juste avant la fermeture, pour acheter une teinture platine.
De retour chez moi, je suis tellement affolée que je ne sais plus quoi faire. En larmes, j’appelle Jeanne, ma meilleure amie, qui rapplique illico.

SOS Amitié
Jeanne prend immédiatement les choses en main. Elle s’attaque à ma nouvelle coloration et essaye de sauver ma coupe. Vers deux heures du matin, j’ai une sorte de casque argenté sur la tête tandis que mes jambes et mes cuisses sont tachetées façon léopard. J’envisage alors sérieusement de rater le train. Jeanne ne s’avoue pas vaincue et m’impose un sévère gommage, suivi d’une friction au loofa, puis d’une crème hydratante cicatrisante.
Je retrouve des jambes à peu près blanches (des taches persistent), et rouges par endroits. Il est maintenant trois heures du matin ! Jeanne va dormir chez moi, le train part à midi. En fermant les yeux, elle marmonne : « On verra, on a encore toute la matinée pour arranger le coup… » Je ne réponds même pas.
Le lendemain, j’ai un choc en me regardant dans le miroir : on dirait un garçon avec une coiffure bizarre, un peu jaune. Jeanne repasse à l’action. Je mets mon bas de maillot de bain et elle me pulvérise d’autobronzant en tournant tout autour de moi.
Pendant une heure, j’arpente nerveusement l’appartement, un bol de café à la main, incapable de me préparer à partir. Jeanne fouille dans mon sac : « Un jean, un chemisier blanc, ta veste en cuir et des ballerines. Tu vois, le genre hyper classique… » Je gémit : « Mais t’as vu ma tête ? » « Justement, on joue le contraste avec une coiffure hyper décalée. » « Hyper ratée surtout ! En plus je crois que mes cheveux vont tomber, j’ai le cuir chevelu qui me gratte affreusement. » Jeanne pousse un long soupir. Moi, j’ai perdu tous mes repères, comme on dit des délinquants.
J’empoigne un bonnet de marin – Martin veut m’emmener faire de la voile ! – et l’enfonce sur ma tête. « J’entrerai comme ça dans la maison, et je leur dirai que j’ai un problème de cheveux. » « Non, dit Jeanne, ils croiront que tu as des poux ! »
C’est l’heure d’y aller, elle me jette dans un taxi et m’accompagne jusqu’au train : elle veut être certaine que je partirai.

Les aveux
Dans le train, je m’attaque au maquillage. J’ai assez d’expérience pour savoir que tout ce que j’ai emporté ne colle absolument pas avec des cheveux argent : le mascara noir me durcit le visage, mon rouge à lèvres me donne l’air d’un clown.
Après avoir essayé quand même, je finis par tout effacer. Quand je retrouve Martin sur le quai de la gare, je fonds en larmes en lui débitant hâtivement tous mes échecs. Au final, nous piquons un énorme fou rire. « Tu es trop ! , me dit-il enfin. Je t’adore. »
Dans la voiture, il me jette un regard oblique : « Tu as grossi des seins ou tu t’es fait opérer ? » « J’ai un Wonderbra. » « C’est idiot ! » est son seul commentaire. Vous voyez le tableau.

Retournement de situation
À peine ma valise posée, une très jolie petite femme en paréo surgit en me disant : « Emma ! Martin n’a pas menti, tu es superbe. Allez, viens vite boire une coupe de champagne, on va fêter ton arrivée ! » C’est la fameuse Baguette. Sa sœur aînée est tout aussi charmante.
On a papoté toute la soirée et l’ambiance n’a plus changé. J’ai renoncé à mon (faux) Wonderbra – il ne mettait en valeur que mon absence de seins –, j’ai pris des coups de soleils en bateau parce que je voulais bronzer trop vite et mes cheveux ont blanchi légèrement avec le soleil et le sel.
Toute la famille m’a adoptée, y compris le père de Martin, qui a le même charme et le même humour que lui.
Moralité ? Ne rien faire au dernier moment ? Au contraire, tout faire à l’instinct et foncer. Quelques fois en beauté, il faut savoir oser !

Commentaires

bonjour, il me semble avoir déjà lue cette histoire sur VOTRE BEAUTE (magazine) il y a pas mal de temps.

Écrit par : corinne | 04/11/2010

Oui Corinne, vous avez raison, ce témoignage est passé dans le numéro d'octobre de Votre Beauté. Il m'arrive de temps en temps de reprendre du contenu paru dans le magazine pour le mettre en ligne, comme ça tout le monde peut en profiter (même les non-lectrices du magazine) !

Écrit par : elsa, de Votre Beauté | 04/11/2010