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06:3022/02/2010NEWS

Le jour où je me suis fait repulper les lèvres


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Sophie avait 38 ans quand elle s’est décidée à franchir le seuil d’un cabinet de médecine esthétique pour pallier un complexe remontant à l’adolescence : une bouche trop fine.

Propos recueillis par Loly Clerc

"Mes lèvres m’avaient toujours paru trop fines. Rien de dramatique, non, juste un bon brin en dessous des bouches pulpeuses, sensuelles, ourlées, gourmandes qui caractérisaient manifestement les héroïnes de mes premiers élans littéraires. Je me souviens avoir cherché sans relâche, dans ma prime adolescence, d’autres indices susceptibles de faire mentir cette tragédie narcissique. J’eus quelque espoir avec Mona Lisa. La transcendante, l’énigmatique beauté arborait une bouche petite. En ces temps-là, c’était semble-t-il signe de noblesse.

Cette pauvre branche à laquelle je me raccrochais pliait sous le poids croissant de l’évidence : toutes les filles des magazines, toutes les actrices, bref, toutes les belles filles affichaient de belles bouches charnues. Je cherchais en vain des exceptions à la règle. Je m’attaquais donc à un sacré boulot : me convaincre que j’étais jolie malgré ce que je savais désormais être un handicap, ma bouche trop petite, trop fine, trop pas assez, quoi !"

Le paradoxe génétique...

"Un truc me faisait enrager par-dessus tout : l’injustice, ou plus exactement le paradoxe génétique. Ma mère, oui, celle-là même qui m’avait engendrée et par conséquent légué une bonne partie de ses chromosomes, racontait à qui voulait l’entendre qu’elle avait longtemps souffert de sa bouche trop grande. Non mais, sans blague ! J’aurais volontiers échangé, moi. Pourtant, je la savais sincère, et en arrivais à la conclusion que l’on était, décidément, jamais contente de ce dont la nature nous avait dotée."

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Complexée, moi ? Pas du tout !

"Bientôt, j’allais découvrir que des garçons tombaient amoureux de moi, me trouvaient belle. Pourquoi diable, pensais-je, m’étais-je pourri la vie avec cet insignifiant détail ? Je bazardai l’affaire en fustigeant l’ingratitude de l’adolescence et son fardeau intrinsèque de complexes.

C’était oublier que la nature du complexe, précisément, est complexe. Tapi dans l’ombre, il n’attend qu’une occasion pour resurgir, vous entraîner au fond, vous grignoter l’air de rien votre auto-appréciation. Profiter du moindre instant de faiblesse…

Or donc, quelques années plus tard, la bête décida d’attaquer. Bien sûr, elle choisit son moment. J’étais alors sans amoureux fixe. Abonnée aux aventures sans lendemain. Bref, ma vie sentimentale ressemblait à un champ de mine. Et je scrutai l’horizon, essayant de comprendre pourquoi j’étais tombée dans la galère de la célibattante et son charivari de questions existentielles, dont, évidemment, « miroir, suis-je la plus moche ou quoi ? »

Les prouesses de la médecine esthétique, vantées à grand renfort de magazines féminins, commençaient à me faire de l’œil. Pourtant, je n’avais pas été la dernière à me pâmer d’horreur devant ces Américaines dévisagées, ces actrices tragiquement siliconées, m’enorgueillissant de faire partie du clan des anti."


Pourquoi mourir idiote ?

"D’un autre côté, ne dit-on pas qu’il n’y a que les imbéciles pour ne pas revenir sur leurs a priori ? Et puis, entre-temps, les techniques avaient sacrément progressé, c’en était fini des ravages de la silicone, l’ère du light et du résorbable battait son plein. Pourquoi mourir idiote ? J’allais sauter le pas. Je pris donc rendez-vous avec la Dr X. Une super dermato, m’assura une copine, à la pointe des techniques, et pas du style à en faire trop.

La femme, il est vrai, me plut d’emblée. Le genre Sigourney Weaver en blouse blanche, l’œil pétillant d’intelligence, dermato avant tout. Au moins, me félicitai-je, je n’étais pas tombée entre les mains d’un marchand de seringues scrutant son tiroir-caisse, aux traits lissés à force de jouer les cobayes."


La séance de torture...

"Confiante, je me retrouvai allongée sur un fauteuil, éclairée façon chirurgicale. Tout comme chez le dentiste, les instruments de torture en moins. Enfin le croyais-je, car j’allais bientôt regretter de ne pas y être, chez le dentiste. Lors de ma prise de rendez-vous, la secrétaire m’avait conseillé d’appliquer préalablement sur le contour de mes lèvres une pommade anesthésiante. Ce que j’avais fait consciencieusement. "C’est une zone très sensible, car très innervée", m’expliqua Sigourney. Elle allait donc, d’abord, m’anesthésier.

Je ne suis franchement pas du genre douillette. Pourtant, quand elle commença ses micro-injections, les larmes me montèrent instantanément aux yeux. Je dégustais. Et commençais à me maudire d’avoir cédé aux sirènes du pulpeux La torture dura une bonne vingtaine de minutes. Quand je la vis remballer sa seringue, je l’aurais embrassée. Ouf ! Fini. Elle m’expliqua posément que le vrai résultat serait probant d’ici deux à trois jours, que, dans un premier temps, ça gonflerait peut-être un peu excessivement, puis que tout rentrerait dans l’ordre.

Je quittais son cabinet avec le sentiment enivrant d’avoir franchi un cap, pris en main mon destin. Au volant de ma voiture, je scrutais sans relâche le rétro. Pas de grande différence, à part une bouche absolument anesthésiée. Plus tard, je me couchais, impatiente du lendemain, excitée comme une écolière à la veille de la rentrée des classes."


Dans le miroir, l'horreur !

"C’est vers 3 heures du matin que tout se gâta. Je m’éveillai, tâtai du bout des doigts mes lèvres effectivement gonflées, et fonçai illico dans la salle de bains admirer mon nouveau moi. Dans le miroir, l’horreur ! J’étais tout simplement dévisagée. Un monstre à la bouche déformée. Partagée entre le désespoir, la rage, l’angoisse et la honte, je me recouchai, bien décidée à attaquer Sigourney aux premières heures ouvrables. Moi qui avais voulu faire ça discrètement, j’étais servie. Tout mon entourage se gausserait. Non, je ne m’en remettrais jamais ! Le pur cauchemar.

Mon réveil sonna. Je pris mon courage à deux mains pour réaffronter le désastre, et là, miracle ! Ça avait dégonflé. C’était même franchement bien. Un tout petit peu too much, mais Sigourney m’avait prévenue : il fallait attendre quelques jours pour le résultat final.

Bizarrement, personne ne s’en rendit vraiment compte. Sauf mon meilleur ami, et une copine de boulot. Moi, j’étais tout simplement contente. Ma bouche légèrement ourlée, à peine charnue, semblait une évidence de la nature. Je redécouvrais le bonheur du gloss et ne me posais qu’une seule question : pourquoi n’avais-je pas fait ça plus tôt ?"


La main dans le sac...

"Cela fait cinq ans maintenant. Je n’ai jamais remis ça. Je ne sais pas très bien pourquoi, car c’était pourtant convaincant. Peut-être la bête tapie dans l’ombre a-t-elle quitté mon territoire. Quand je me scrute dans le miroir, l’homme de ma vie rigole et m’imite : c’est vrai que, machinalement, depuis l’adolescence, je fais une moue boudeuse comme pour gonfler mes lèvres. Prise la main dans le sac, moi aussi je me marre. La complicité amoureuse… Il ne sait pas, lui, qu’un jour, je me suis fait gonfler les lèvres. Sans doute qu’il ne m’a pas paru nécessaire de lui faire savoir que je ne me trouvais pas si jolie qu’il me voit."

L'ACIDE HYALURONIQUE, LES YEUX FERMES (par Anne-Marie Attali)
Ces injections représentent aujourd'hui la technique la plus sûre et la plus efficace pour apporter du volume à des lèvres trop fines. Les effets secondaires (ecchymoses, oedèmes) peuvent être atténués en avalant, le jour de l'injection et pendant les trois jours suivants, des granules d'arnica, associées à un autre produit homéopathiques, le Ledum.
Prix : environ 350 € la séance.

Commentaires

Ouah quelle histoire !!! Personnellement, je ne suis pas très branchée chirurgie esthétique... après tout, on n'est jamais satisfaite de se que l'on a et lorsque que l'on saute le pas, on trouve toujours un autre " problème " ailleurs. Bref, c'est un cercle vicieux !!!
Par contre, pour les personnes atteintent de malformations ou bien les grands brûlés, là je suis pour à 100% !!!

Écrit par : Cécile | 22/02/2010

Belle histoire!!
Comment sont vos lévres aujourdhui?

Écrit par : LIL | 29/06/2010

bonjour, moi on m'a injecté de l'acide hyaluronique hier, et je le regrette deja ma bouche est completement déformé.

Moi je voulais juste augmenter le contour de mes levres , resultat j'ai la levres du haut qui ressemble à un canard.
Je n arrive meme pas à me ragarder dans la mirroir.
j espere que cela va passé d'ci quelques jours au sinon
cela va etre tres dure à suporter.

Écrit par : frer | 03/03/2011

heu je trouve ça fait un peu cher une séance...je sais que cette discussion date de longtemps mais est que l'acide hyaluronique est efficace??
j'ai vu sur un site un produit qui vendait des produits repulpeurs de lèvres http://www.leaderpharma.com/repulpeur-de-levres.html...
enfin je tâte un peu... produit ou séances ?

Écrit par : elibou12 | 12/08/2011

HELLO
eh bin quelle histoire!! j'ai envie de sauter le pas mais je ne sais pas chez quel praticien me référer pourrais tu me dire quel dermato tu as injecté merci bcp:)

Écrit par : ali | 27/04/2015