Dans la peau d'une blonde, ou le récit de mes tribulations capillaires des six derniers mois : chaque jour, un nouvel épisode sur le blog...
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Episode précédent : Dans la peau d'une blonde, épisode 11.
Episode 12 : sauvée !
"Pas coiffeur", me dit Chantal, ma collègue de bureau et rédactrice-en-chef adjointe du magazine : "co-lo-riste".
Ah d'accord. Eh oui, il existe des pros de la couleur, qui ne touchent pas à une paire de ciseaux, mais qui sont ultra-spécialisés en pigments et autres reflets.
Pour moi, ce sera un certain Rodolphe : ultra-connu des fashion-addicts, il est l'un des coloristes-stars de la capitale.
Rendez-vous est fixé le samedi suivant, et c'est le coeur léger que je me rends dans les quartiers chics, à deux pas de la place Vendôme, au salon "Coloré par Rodolphe" (26-28, rue Danielle Casanova, dans le 1er).
Le nom pourrait faire peur mais dès que je franchis la porte, je suis rassurée.
C'est beau, très beau. Et calme. L'endroit est en fait une sorte de grand appartement au rez-de-chaussée d'un immeuble haussmanien. Il donne dans une cour, il y a des arbres, c'est zen. A l'intérieur, la déco est classe mais pas ostentatoire. Il y a un beau parquet au sol, des miroirs anciens, des plafonds très hauts. On respire.

Installée dans un canapé moelleux, je sirote un thé en attendant le fameux Rodolphe. Aucune effervescence, tout est tranquille, les pas chaloupés, les conversations discrètes. D'ailleurs, il n'y a pas plus de cinq ou six clients en même temps.
Rodolphe arrive et m'entraîne dans une autre pièce pour un "diagnostic".
Il m'installe devant un miroir et... on parle. Je lui raconte mes mésaventures capillaires, il me pose des questions sur ma vie, mon travail, ma famille. Mes habitudes, mon style vestimentaire.
Il est à la fois concentré et chaleureux, professionnel et étrangement proche. Rassurant, aussi : il me dit que mes cheveux n'ont pas trop souffert, que j'ai de la chance.
Loin de descendre les coiffeurs qui m'ont infligé cette couleur, il me dit que tout ça a été plutôt bien fait. Que le problème n'est pas la qualité du balayage, mais le fait que le blond... ne me va pas, tout simplement.
Est-ce une question de teint, de sourcil, de couleurs d'yeux ? Un peu, mais pas seulement.
Il me dit que c'est "ma façon d'être" qui ne va pas avec cette couleur (et tout ce qu'elle représente). Ma gestuelle, ma manière de parler, de bouger mes mains. Il m'écoute, je l'écoute, pas de rapports de force, c'est un vrai dialogue.
Il me dit que toutes les femmes ont, à un moment ou à un autre de leur vie, cette envie irrépréssible de devenir blonde. "Pour vous, c'est fait ! Vous savez que ça ne vous va pas, inutile d'insister, ça ne vous ira jamais". Hum, je crois que c'est clair.
Tout en me parlant, Rodolphe enduit mes cheveux d'une huile nourrissante, histoire de les préparer à la coloration.
Ensuite, il se retire dans son "mini-labo" pour concocter ses mélanges (top secrets), et c'est parti pour deux heures de pose.
La tâche est compliquée : mes cheveux ont subi trois balayages différents, il faut donc adapter la couleur à chaque mèche. Mais on m'explique tout, on me masse le crâne... Je somnole doucement.

Ensuite, je passe au séchage et au brushing; je n'ose pas me regarder tant que tout n'est pas fini.
Je lève les yeux et là, comment vous dire, c'est de nouveau moi ! Ni plus ni moins, c'est juste moi. Mais c'est assez énorme pour que j'aille faire la bise à Rodolphe. Lui, c'est vraiment un amour. Simple, discret, fin, brillant. Je comprends pourquoi le Tout-Paris l'adule.
Je passe à la caisse : c'est cher (autour de 200 €), mais moins que chez Dessange International. Et là, franchement, je comprends ce pour quoi je paie.
Ce que j'apprécie : personne ne me pousse à acheter les produits vendus ici. Je tends pourtant la perche ("Vous me conseillez quoi, comme soins, pour entretenir mes cheveux ?")... Mais non, Rodolphe me répond : "Continuez avce ce que vous utilisez d'habitude, vos cheveux ont l'air semblent apprécier, ils n'ont pas besoin de plus". Bon. Un sans faute.
Je sors du salon, il fait beau, c'est les soldes, la vie est belle.
Epilogue
Le croirez-vous : la semaine qui suit mon retour triomphant au boulot, ma boss me confie la rubrique "Cheveux". Et c'est vrai que j'en ai appris sur la question, en six mois. Je suis in-co-lla-ble.
Comme quoi, les connaissances empiriques, c'est encore ce qu'il y a de mieux...
Quand on vous dit qu'à Votre Beauté, on teste tout, c'est pas de la blague. J'en sais quelque chose...